Accepter son histoire telle qu’elle est

Je ne sais pas pour vous, mais, en ce qui me concerne, il fut un temps où, malgré mes journées fort occupées, il m’arrivait souvent de ressentir un vide.  Il s’agit d’un sentiment bien difficile à expliquer…  En fait, je ressentais comme un grand trou sans fond au milieu de la poitrine.  Ce sentiment est aussi contradictoire, car comment est-il possible de ressentir quelque chose qui ne contient rien?  Et pourtant… 

Dès lors, comme certains se perdent dans l’alcool, la drogue, le sexe, le jeu ou le magasinage, j’ai trouvé asile dans la nourriture.  Pour combler ce vide, j’ai rempli mon ventre à coup d’orgies alimentaires jusqu’à souffrir d’hyperphagie, un trouble des comportements alimentaires.  De toute évidence, regarder ma vie en face avec ses blessures, ses abandons et ses trahisons faisait souvent remonter des émotions qu’il était parfois préférable de taire.  Il était bien plus facile de les manger.

Ainsi, la distance envers moi-même a contribué à creuser le vide… 

L’année passée, après avoir fermé mon entreprise, au bout du rouleau, j’ai entrepris de faire ce que je n’avais jamais réussi à faire : me traiter avec soin.  Or, avec l’aide de professionnels de la santé et de lectures nourrissantes, j’ai pris tout le temps que nécessite une certaine réhabilitation alimentaire autrefois saccagée par une vie empreinte de contournements, d’évitements et d’indicatifs de performance.  J’ai compris qu’aucun régime, aucune poudre et aucun exercice ne sauront calmer le feu de mes blessures. 

En fait, j’ai compris que mon histoire est unique dans tous ses attributs et ses travers.  J’ai compris que chacun des événements et chacune des rencontres ont forgé la formidable personne que je suis devenue aujourd’hui.  J’ai compris que, afin de tendre vers une guérison, il importe de remonter le cours de mon histoire pour mettre l’éclairage sur les événements marquants et m’outiller pour changer ce qui doit être changé.

J’ai compris qu’il est maintenant le temps d’accepter mon histoire telle qu’elle est sans chercher à la nier ou à l’embellir.

Puis, après la dépendance est venue la paix… 

C’est ce que je vous souhaite de tout mon cœur.

Chantal

2 Comments

  1. Bonjour Chantal tout comme toi je souffre d hyperphagie. Cela a commencer a 14 ans et j ai 60 ans et ce n est pas réglé. Moi mon trou c est comme si je lui mettais des guenilles et il en faut toujours plus parce que je n arrive pas a le boucher. Je ne suis pas la personne au diète mais au restriction. J ai vue tout les spécialistes les nutritionnistes mais en vains. Je voudrais juste te dire que j aimerais sentir la paix moi aussi dans corps et mon âme. Merci a toi

    • Chère Lucie, Je vous remercie de tout coeur pour votre partage qui me touche énormément. Je comprends votre désarroi, car comme vous, pendant de nombreuses années, j’ai mis mon corps à l’épreuve avec de graves restrictions alimentaires. J’ai aussi fait beaucoup d’exercices physiques. Un jour, j’ai compris que l’important, ce n’est pas de perdre du poids, mais de réparer ce qui a été brisé. Depuis, je me traite avec soin. Guérir de l’hyperphagie est une démarche spirituelle qui va au-delà de la nourriture. Je vous souhaite, ma belle amie, de trouver la paix dans votre coeur en prenant soin de vous. Uniquement de vous. Et ce jour viendra. Il viendra. Je vous embrasse très fort. Chantal

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