Parvenir à écouter sa satiété pour se rapprocher de ses réels objectifs

Guylaine Guevremont

Nutritionniste et coach en alimentation intuitive

www.muula.ca

 

Jour après jour, plusieurs personnes vivent dans la réalité du « je dois faire attention à ce que je mange ». Le contrôle de la nourriture et du poids est ainsi devenu « normal ». Elles se pèsent puis se découragent.  Leur estime d’elles-mêmes en prend un coup et elles commencent à avoir peur de ne pas trouver de solution.  À mesure que les années avancent, elles réalisent qu’elles ne font que s’éloigner davantage de leurs objectifs : de véritables objectifs qui nourrissent l’espoir d’une vie authentique et remplie de sens.

Je comprends, car je suis aussi passée par là. J’ai réussi à me sortir de ce cercle vicieux qui accaparait beaucoup de mon temps et de mon énergie.  Maintenant, je me sens plus que libre et je sais vraiment que l’approche avec laquelle je travaille peut aider beaucoup d’autres personnes qui cherchent une façon bienveillante de prendre soin d’elles, d’être bien dans leur peau et d’avoir une relation saine avec la nourriture. Cette approche est l’alimentation intuitive.

Pour faire ça simple, l’alimentation intuitive propose d’écouter les signaux de son corps pour manger quand il a faim et cesser lorsqu’il n’a plus faim. Je sais que ça peut paraître irréaliste pour vous en ce moment et vous vous dites peut-être :  « Manger quand j’ai faim, c’est simple, car j’ai toujours faim! C’est arrêter quand je n’ai plus faim qui est difficile! »  C’est pour cette raison que je vous partage les quatre principaux obstacles que vous pourrez rencontrer dans cette démarche.

Vous êtes affamé

Savez-vous qu’il n’est pas nécessaire d’être au régime pour affamer votre corps? Dans ma pratique, je vois fréquemment des personnes qui ne mangent pas assez durant la journée. Elles sautent un repas ou mangent de trop petites portions sans collations. Le scénario est assez simple pour la suite : elles arrivent à la maison après le travail et elles grignotent tout ce qui leur tombe sous la main. C’est normal, elles étaient affamées! À ce moment-là, il est impossible de faire taire notre instinct de survie.

Inévitablement, cette sensation de faim extrême mène à une prise alimentaire rapide et, donc, à une perte de contrôle. C’est d’ailleurs ce qui se produit chaque fois que l’on fait un régime restrictif : on affame son corps et rapidement, on succombe.  La leçon à tirer est claire : il faut à tout prix arrêter d’affamer votre corps. Votre instinct de survie gagnera toujours contre votre volonté!

Vous mangez vos émotions

Une autre raison qui peut vous faire trop manger se cache sous les émotions, d’où l’expression « manger ses émotions ». En fait, on croit qu’on a faim, alors on mange pour apaiser cette sensation désagréable. Toutefois, cette sensation désagréable est souvent liée à une émotion. On mange alors pour « geler » une émotion parce que c’est trop inconfortable.

Vous arrive-t-il de manger pour vous apaiser? Pour vous calmer? Pour vous récompenser?  Comme il n’y avait pas de réel signal de faim au départ, il ne peut pas y avoir de satiété. Le déclencheur était plutôt une émotion. On finit donc par manger trop.

Je veux prendre le temps de vous rassurer : vous êtes loin d’être la seule personne à vivre cela. Et déjà d’en prendre conscience est un grand pas. Il est vrai que l’on peut facilement se sentir surchargé lorsqu’on réalise qu’on « mange ses émotions » parce que ça a été depuis longtemps notre « bouée ». Il ne faut pas croire s’en débarrasser du jour au lendemain et surtout, il faut arrêter de penser qu’on doit y arriver seul!  Ce n’est pas un signe de faiblesse que de demander de l’aide.

Le contrôle alimentaire qui mène à l’excès

Avez-vous remarqué que, lorsqu’on s’interdit quelque chose, ça devient rapidement un attrait? C’est la même chose avec la nourriture. Lorsqu’on évite certains aliments, qu’on s’interdit le plus possible d’en manger ou qu’on se culpabilise chaque fois qu’on en prend une bouchée, le même phénomène se produit : on finit tôt ou tard par tomber dans le sac!

En effet, la perception qu’un aliment n’est « pas santé » ou est « engraissant » nous pousse à éviter de le manger.  Le fait d’avoir des interdits permet peut-être, à très court terme, de contrôler son alimentation, mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’au final, on finit par mettre toute l’accent sur ces aliments et on a encore plus envie d’en manger.  Par exemple, lorsqu’on est invité à une fête et que notre amie sort les croustilles, on a l’impression qu’elles nous appellent même si on vient tout juste de dîner. Irrésistiblement, on commence à en manger une, puis on a l’impression qu’elles sont toutes attachées ensemble.

En fin de compte, la sensation de satiété n’est plus perçue parce que l’envie de manger et le sentiment de peur de ne plus avoir le « droit » de manger prennent le dessus. Même si plusieurs personnes me disent que de faire disparaître ces aliments est la seule façon de se contrôler, cela est une utopie.  Tôt ou tard, elles seront à nouveau confrontées à ces aliments. Et elles perdront encore le contrôle.

Dans ma pratique, j’aide plutôt les femmes à retrouver un équilibre alimentaire en réintégrant, un à un, ces aliments. Par exemple, l’idée est de faire un travail pour que les croustilles soient perçues de la même manière que le concombre. Vous n’avez probablement jamais eu peur de manger trop de concombres!  C’est possible de vivre ce type de relation avec tous les aliments.

La gourmandise

Et la gourmandise dans tout ça ? On me pose souvent la question : « Est-ce que c’est possible de trop manger par gourmandise? » Oui!

En effet, des enfants mangeurs intuitifs ont été étudiés et lorsqu’on leur donnait leur repas préféré, ils pouvaient en manger jusqu’à 50 % de plus que la portion habituelle. Toutefois, à la fin de la semaine, la variation de l’apport alimentaire était d’à peine 10 %.  Parce que leur corps demandait moins d’énergie, ils mangeaient intuitivement moins les jours suivants. C’est la même chose pour les adultes mangeurs intuitifs. Ils peuvent manger davantage lorsqu’ils vont dans un bon restaurant ou lorsqu’ils aiment beaucoup ce qui leur est servi. Toutefois, ils ne se culpabilisent pas et ne s’inquiètent pas de leur poids, car ils savent que leur corps s’adaptera et qu’ils auront probablement moins faim le lendemain.  Ils font confiance à leur corps.

Par contre, si vous mangez trop tous les jours, on ne parle plus de gourmandise! Il sera alors nécessaire d’aller investiguer en se référant aux trois autres raisons qui peuvent vous faire trop manger.  Rappelez-vous que cela est souvent inconscient.

La sensation de satiété est quelque chose de simple, mais qui peut aussi s’avérer complexe si personne ne vous aide à voir dans vos angles morts.  Prendre conscience de votre réalité est la première étape pour pouvoir changer et vous tourner vers une vie qui correspondra davantage à vos valeurs et à vos aspirations profondes.

Guylaine a créé une formation en ligne intitulée Minceur = Santé : mythe ou réalité?  Pour en savoir davantage :

 

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