Rêver avec intensité… sans se fatiguer!

Émilie Chevrefils

Yogini

www.facebook.com/yogalachute

 

Je suis une rêveuse. Je l’ai toujours été. Du plus loin que je me souvienne, j’ai eu des amis imaginaires, j’ai parlé toute seule et je me suis imaginé des scénarios féériques ou catastrophiques. Pour moi, cela est devenu une force puisque ma créativité s’en est trouvée bien développée.

Plus tard, je pense que, inconsciemment, je me suis servie de cette force pour me sauver quand ça ne faisait pas mon affaire, quand ça faisait mal, quand je ne savais plus quel tournant prendre au détour du chemin ou quand les doutes envahissaient mon cœur et ma tête. Surtout, quand j’avais peur! Un jour, parce que seuls les faibles s’effondrent lorsque les coups pleuvent, cette force créative est devenue un manque de puissance, un signe d’affaiblissement et d’impuissance. Oh! Que la vie est remplie de surprises!

Avec les années, sans grand étonnement, ce trait de ma personnalité est resté. Au fil des expériences et des rencontres avec moi-même, au fil des défis où j’ai appris à me connaître et à me voir telle que je suis, j’ai simplement ajusté ma façon de rêver, ma manière d’utiliser mes idéaux. Plutôt que de me projeter dans un scénario fictif et bien nourri par des chimères pour oublier ce qui brasse le présent, je le regarde, ce présent, en pleine face!  J’essaie d’y voir ce que j’aime. Parfois, il faut chercher, je vous l’accorde, mais je trouve toujours. Je m’en nourris pour amplifier la gratitude que je ressens envers la vie. Cela est une méthode infaillible! Plus on apprécie ce qu’on a, plus on attire ce feu d’artifice de douceur qui remplit le cœur.

Je vous entends déjà…  Facile d’apprécier les choses quand ça va bien, mais qu’est-ce qu’on fait avec ce qui cloche? Bon point! D’abord, tout n’est pas noir. Pas complètement. Si on a tendance à voir noir, peut-être faudrait-il tenter de trouver le blanc… Commencer par trouver une note positive avant de s’attarder sur ce qui accroche est un moyen de nourrir la reconnaissance et la gratitude. Comme il est souvent plus facile de se concentrer sur ce qui dérange, cela permet d’aider à relativiser.

Ensuite, il faut noter ce qu’on veut laisser aller, ce qui ne sert plus, avec, en tête, ce qu’on aime le moins.  Posez-vous les questions suivantes : « Par quoi je veux remplacer ça? Qu’est-ce que je veux créer dans ma vie? » Puis écrivez vos réponses.  Ceci est une étape importante afin de définir votre pensée, mais aussi de la rendre bien réelle et articulée.

Également, la pratique du yoga est une excellente méthode pour se placer dans des dispositions optimales de visualisation. En pratiquant cet art, on se lie consciemment à sa respiration. La concentration devient plus facile et la respiration guide le mouvement. Tout s’ajuste et s’éclaircit.

Dans ces conditions où je suis calme et détendue, le cœur serein, je sens que je peux déplacer des montagnes. Rien n’est hors de ma portée. C’est ce que j’appelle « rêver éveillé ». En m’alignant et en me connectant sur l’essence même de ce que je suis, en me battant au rythme de la pulsation de vie qui m’habite, je sens que toutes les portes s’ouvrent et que la magie opère. En sanskrit, dharma signifie « mission de vie ». C’est exactement ça!  Je me sens en symbiose avec mon âme et en parfaite harmonie avec ce que je fais et les projets qui se profilent. Le savasana (voir encadré ci-dessous), à la toute fin d’un sadhana, est la posture parfaite pour me permettre de me retrouver dans cet état.

Cette posture calme le système nerveux.  Les muscles fatigués se reposent et la mâchoire ainsi que les épaules se détendent. En fermant les yeux, on se permet de voir de nouvelles perspectives. Les paupières closes, on ne regarde plus à travers des lentilles qui teintent la vision censurée que l’on a du monde et, plus particulièrement, de soi-même. On libère l’esprit pour y laisser entrer la paix, le calme, la détente et, ultimement, pour ressentir l’union entre le cœur, la tête et le corps. Portez attention!  Ce n’est pas pendant le savasana que l’on se propulse dans nos ambitions les plus folles. Non, c’est juste après, lorsque cette union est tangible.

Il ne faut pas se limiter à ce qu’on peut voir avec les yeux. Imaginer, c’est prendre une photo avec un appareil qui n’existe que dans une autre dimension. C’est prendre des clichés de ce qui a de la valeur à nos yeux, de ce qu’on ne veut pas oublier. Puis rêver, c’est convoiter un but et il n’y a pas de limites à cela! C’est changer le monde, un projet à la fois. Ça prend une bonne dose de foi et de détermination puis un gros lot d’amour et d’humilité! Le monde est vaste et les possibilités infinies. Que demander de plus?

Rêver grand, c’est croire que tout est possible. On peut tout faire. Tout!  Pour moi, le plus dur reste de choisir le rêve ultime qui passe avant les autres. Celui qui mérite toute mon attention et ma volonté d’action. J’y médite. J’y réfléchis activement… le temps de le matérialiser dans le présent.

Le savana

Pour effectuer la posture, installez-vous sur le dos et allongez les jambes. Les pieds tombent naturellement de chaque côté. Les paumes s’ouvrent vers le ciel. Si vous avez une sensibilité au niveau du dos, vous pouvez plier les genoux et les ramener l’un contre l’autre, les pieds à la largeur du tapis. Vous pouvez aussi placer un oreiller ou une couverture sous les genoux.  Les possibilités sont infinies, mais assurez-vous d’être à l’aise pour maximiser vos chances de vivre un moment de pleine détente.

Le savasana est une pratique dans la pratique; la posture finale de toute séquence. Il semble si simple et pourtant, il pose de nombreux défis : l’immobilité dans le silence complet, l’éveil en restant conscient. Il est normal pour l’esprit de vouloir résister à cette relaxation profonde. C’est l’acte ultime : on rend les armes en toute conscience. Et pour s’abandonner, ça prend de la pratique et beaucoup de patience. Beaucoup!

Compte tenu du rythme effréné dans lequel nous évoluons, cultiver l’art du savasana est un atout indéniable en ces temps où l’on cherche à calmer le mental et à terminer sa liste sans fin de tâches à accomplir. Sans contredit, la société moderne accorde une valeur magnanime à la productivité et à la vitesse; le superlatif super est nettement surutilisé.  Apprendre à ne rien faire est assurément un avantage pour augmenter sa capacité d’être en pleine conscience.

Émilie a créé une formation en ligne intitulée Le yoga à la rescousse de vos petits bobos.  Pour en savoir davantage :

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*