Rêver grand, une compétence qui se développe

Amélie L’Heureux

Alter ego des femmes de tête

www.directionleadershipconscient.com

 

Encore aujourd’hui, dans notre mémoire collective, résonne la célèbre phrase provenant de notre héritage judéo-chrétien : « Nous sommes nés pour un petit pain ». Honte à celui ou celle qui rêve grand!  La croyance que voir grand signifie « se prendre pour un autre » ou encore « péter plus haut que le trou » est tenace. Toutes ces belles illusions soufflent un sous-entendu qu’il vaut mieux rester dans les normes, en toute humilité.

Mais à quel âge avons-nous cessé de rêver? Je réfléchis à ma propre histoire pendant que je vous écris et je réalise qu’il s’agit d’un processus qui s’est installé graduellement.   En effet, je n’ai pas d’histoire d’horreur à mon actif.  Mes parents m’ont tout donné jusqu’à s’oublier pour moi. Enfant unique, élevée dans un monde d’adultes, j’ai rapidement compris que, pour recevoir de la reconnaissance et de l’amour, je devais être tranquille et ne pas empêcher les adultes d’être des adultes. J’ai donc été élevée en petite adulte où l’insouciance et le rêve n’ont pas fait partie longtemps de ma vie.

Ma vie de jeune adulte s’est alors résumée à la carrière, aux enfants, au mari, à l’entretien de la maison, à la préparation des repas et à toutes les autres tâches connexes qui meublaient le reste de mon temps. Ma vie n’avait aucune envergure.

Un jour, quelqu’un m’a demandé : « Que fais-tu pour avoir du plaisir dans la vie? » J’ai alors réalisé que cette notion était non seulement totalement absente de ma vie, mais que j’avais oublié qu’elle devait faire partie de l’équation! Je ne savais même pas comment avoir du plaisir au quotidien. Avec mes enfants, j’étais sérieuse et tout ce que je faisais ou planifiais était teinté de cette lourdeur associée à l’obligation.

À 36 ans, j’ai réalisé que j’avais vécu ma vie sur le pilote automatique. J’avais fait ce qui était attendu de moi. J’avais reproduit le modèle sans trop me poser de question.  Qui plus est, j’ai réalisé l’ampleur de ma « petitesse » d’esprit le jour où on m’a proposé un exercice.  Je devais produire trois listes : 100 choses que j’aimerais avoir, 100 choses que j’aimerais faire et 10 qualificatifs que j’aimerais être en lien avec mes valeurs.  C’est devant ces listes que j’ai réalisé que j’avais arrêté de rêver, que j’envisageais mon avenir dans une simplicité et une platitude déprimante. Je rêvais petit!

Sans contredit, lorsqu’on travaille sur soi et qu’on se libère de croyances inculquées par la société et notre éducation, il y a des pans de murs qui tombent. Soudainement, un monde de  possibilités, auparavant inimaginable, s’offre à nous. C’est ce qui s’est produit devant ma feuille blanche.  Je me suis dit à ce moment-là : « Si je me limite au petit, je n’attirerai jamais rien de grand! » Et mon mental de me répondre : «  Tu rêves en couleurs! Rien de grand ne peut t’arriver à toi! » Et mon cœur de répondre : « Et pourquoi pas? Au moins, essaie et tu verras où ça te mène! »

Mon crayon s’est alors mis à écrire et à noircir les lignes de ma liste. Des trucs trippants soutenus par cette petite voix qui me murmurait en boucle : « Et pourquoi pas! »  J’avais retrouvé mon cœur de jeunesse… Celui qui savait rêver!

Introduire le plaisir dans ma vie fut un grand apprentissage! Pour vous dire honnêtement, c’est quelque chose que je dois encore inclure consciemment dans mon quotidien comme une nouvelle compétence qui ne vient pas tout à fait naturellement.  Toutefois, cette nouvelle compétence a apporté de la légèreté à ma vie et cette légèreté m’a permis de rêver à nouveau. J’étais une enfant adulte et j’apprends à devenir une adulte enfant.

Récemment, j’ai quitté un emploi très bien rémunéré pour me rebâtir une vie qui me ressemble, mais qui sort des sentiers battus et qui est loin de faire l’unanimité. Toutefois, lorsque je me lève, le matin, je suis heureuse, je sais que je me suis alignée sur mes valeurs et sur mon « pourquoi » et je comprends que tout est maintenant possible.

À la lumière de ce récit, j’ai envie de vous partager trois trucs que j’utilise au quotidien pour intégrer le plaisir dans ma vie et bâtir une vie dans laquelle je me permets de rêver grand.

Se remettre en question

Je me remets en question dans chaque situation de ma vie surtout celles qui sont plus pénibles ou qui me paraissent comme une obligation : « Comment puis-je y insérer du plaisir? Que pourrais-je faire pour rendre cette situation plus légère, agréable et plaisante? » En règle générale, avec les enfants, il n’y a rien comme une bonne chanson pour susciter la bonne humeur et la collaboration de tout un chacun!

S’observer

Je mets constamment mes limites et mes croyances en doute en observant mon discours  intérieur. Je me demande toujours si une croyance m’appartient vraiment ou si elle n’est pas plutôt un héritage de mon  enfance. Je me demande également si elle me sert encore et si elle me permet de me rapprocher de mes buts ou si elle m’en éloigne et nourrit mes peurs.  Je me sens alors comme un peintre, devant une toile blanche, avec un choix infini de couleurs. Je peux maintenant choisir mes croyances et laisser aller celles qui ne me servent plus.

Certes, les anciennes croyances reviennent parfois me visiter. C’est alors ma responsabilité de choisir à nouveau et de mettre l’accent sur la nouvelle croyance que je veux encoder. La répétition est la clé. Plus je remercie l’ancienne croyance de m’avoir servie par le passé et plus je me tourne vers cette nouvelle croyance que je veux dans ma vie, plus le changement va s’intégrer. Graduellement, subtilement, mais avec constance et régularité, le changement va s’opérer. Et un jour, je regarde en arrière et je réalise que cette croyance n’est pas venue me visiter depuis longtemps.

Sortir du cadre

Je force mon cerveau à sortir de son cadre actuel. Lorsque j’envisage une solution ou que je planifie quelque chose et que le connu et la facilité se manifestent, je m’arrête et je me demande : « Et s’il y avait plus? Et si tout était possible? Serait-ce là ta seule option? »

En terminant, je vous encourage fortement à forcer ces sorties de votre zone de confort et à aller voir plus  loin, plus grand. Même si ce n’est pas quelque chose que la plupart d’entre nous sont habitués à faire, croyez sincèrement que tout est possible! Tout!

Si vous rêvez petit, vous allez attirer petit! En rêvant grand, une ouverture se créera en vous et vous enverrez alors le message à la vie que vous êtes ouvert et prêt pour un monde de possibilités.

Alors, osez rêver!  Osez voir grand!

Amélie a créé une formation en ligne intitulée Performer sainement au travail sans (trop) stresser.  Pour en savoir davantage :

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*